COUNTRY FRANCE NEWSLETTER DECEMBRE 2001 - JANVIER 2002

interview Alain Mangenot © Country-France 2002 - Photos © Catherine Duprat.

Interview de Anita et Yannick André - Champions du Monde .
Anita et Yannick, vous êtes aujourd'hui Champions du Monde, c'est à dire médaille d'or 1ère place Overall en  Couple Classic Crystal Novice. Pour la majorité de nos lecteurs, ces termes sont plutôt barbares, donc ils méritent des explications.
Mais tout d'abord, dans votre catégorie il y avait combien de concurrents ?

Il y avait un couple américain, venant de Californie, formé par l'équipe de Ronnie DeBenedetta, qui est Champion du Monde Master.
C'était pour nous des concurrents imbattables, car ils connaissaient des routines écrites par ces champions, et que nous ignorions.


Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris le nom de vos adversaires ?

Au départ, on ne savait pas qui c'était, heureusement d'ailleurs, sinon on aurait été mal, car les Américains sont les meilleurs au monde au niveau couple, mais Anita qui les avait regardé la veille, a reconnu la robe de son équipière au dernier moment, et là on était sûr que c'était fichu pour la première place.
Mais il faut savoir que ces champions pratiquent une convivialité étonnante, même avec leurs adversaires, on s'encourage et on s'embrasse avant de partir, et en fait, on avait nous aussi notre chance.
On a d'ailleurs senti cette solidarité avec de nombreux concurrents, et ça c'est le miracle de la danse de haut niveau.
Alors comment cela s'est passé ?
C'est après avoir dansé que c'était dur. On a appris que l'on avait une pénalité en cha-cha, c'était pas nickel, donc on s'est dit c'est dans les choux. Eux ont d'excellents professeurs, les meilleurs au monde, nous on est tout seul depuis trois ans, à travailler la chorégraphie, les figures, à compter, on construit seul et on bricole, donc on n'avait plus aucun espoir.
Et quand on vous a appellé sur le podium, qu'avez vous ressenti ?
On a cru sincèrement qu'ils s'étaient trompés...c'est déjà arrivé... On se disait "c'est vache, ils nous font une mauvaise blague, il y a un problème" , nous n'y avons pas cru jusqu'à ce qu'ils nous mettent la médaille autour du cou, et même encore maintenant, on a du mal à réaliser... C'est Beth Emerson qui nous a remis la médaille, et je lui disait "j'y crois pas, c'est pas possible..." - Elle me disait "si", et ils nous ont poussé sur le podium, sur la première marche.

Maintenant, de retour à Paris, ça commence à aller mieux, mais là-bas, entouré de tous ces excellents danseurs, c'était franchement incroyable, car on cotoie des gens qui ont un niveau tel que l'on se sent tout petit, et quand Ronnie DeBenetta vous croise dans les couloirs et crie à tue tête "This is the Worlds Champions", et qui vous embrasse, c'est carrément décalé, on ne sait plus quoi faire... Dave Getty, Barry Durand, Anette Chapman, tous sont venus nous féliciter, c'était incroyable...
Et maintenant, avec le recul
On ramène beaucoup de travail à la maison, et on a qu'une hâte, aller s'entraîner très vite. On a envie de recommencer.
Mais pour arriver à ce résultat, quelle a été votre démarche, cela représente quel travail ?
Nathalie et Alain Menu, que nous avons acclamés aux Worlds de Janvier 1997 à Los angeles, car c'est là que nous avons eu le déclic, sont à la source de notre passion, car à l'époque on y connaissait pas grand chose.
On était allé la-bas pour les soutenir, on n'avait jamais vu de concours, on ne fréquentait que le Billy à l'époque, et les quelques bals existants, et on a eu un véritable choc en voyant cette qualité de danseurs.
On est revenu avec un véritable désir de progresser. On a mis le temps, puisque l'on a démarré sérieusement la compétition il y a deux ans.

Alain et Nathalie nous ont mis le pied à l'étrier, car avons effectué nos premiers pas de valse et de cha-cha avec eux, et cela on ne l'oubliera jamais. Tout comme Robert Wanstreet qui certainement a été un révélateur pour beaucoup de monde en France
Ensuite nous avons pris de nombreux cours particuliers dans les festivals, avec Barry Durand, Beth Emerson, Bob Bahr, et bien d'autres, ce qui représente un investissement personnel autant que financier car un tel cours avec ces gens là coûte environ 1000 FF.

En fait, la danse c'est notre budget vacances, en 11 mois nous sommes allé à sept festivals UC dont Paris bien sûr, c'est beaucoup car cela représente un investissement énorme en temps ainsi que financièrement, mais cette année on a fait que ça.
C'est une passion, on ne pense qu'à cela, on vit avec tous les jours.

C'est vrai qu'il y a des moments très difficiles, par exemple entre le festival de Belgique le 15 décembre et les Worlds le 6 janvier, on a refait tout seul notre routine de West Coast Swing, parce qu'il y avait un problème .
Il faut savoir que l'on crée nos routines nous même, donc c'est un travail de chorégraphe, mais nous n'avons pas l'aide et l'appui qu'ont les américains, en France on découvre, et tout le monde se crée de façon presque autodidacte.
Brigitte Zérah et Audrey Gendre nous ont aidé, avec de bons conseils, mais nous n'avons pas l'expérience ni l'aide des Américains pour qui c'est leur culture...
Quels sont vos projets maintenant ?

Continuer, c'est évident - Nous allons passer en division Crystal Intermédiaire, ce qui va nous permettre de nous confronter avec des couples de très grand niveau. Cela va nous apporter un challenge supplémentaire, c'est un défi contre nous même. On pourrait rester dans notre division, mais on connait nos concurrents, et cela n'a plus vraiment d'intérêt.

Le prochain rendez-vous c'est le festival en Allemagne, qui est pour nous le plus intéressant, car c'est un festival où il y a des couples, de la line, un peu moins de funky qu'au Bénélux, il y a beaucoup de Country, en plus c'est un festival ou on s'amuse, on mange bien, il y a de la bonne bière, de l'ambiance, du fun, un vrai festival sympa, c'est celui que je préfère en Europe.

Ensuite on fera Paris bien sûr, puis le Festival d'Irelande ou il y a beaucoup de swing, et peut être si on réunit les moyens, nous irons à Dallas au Texas, nous n'avons pu y aller cette année à cause des évènements, nous espèrons que ce sera pour 2002.




Anita, dans les festivals, le rôle de la robe, de l'apparence, du costume, n'est pas anodin. Comment avez-vous fait ?
On était habillé par Isabelle Couture, et c'était un travail fabuleux. Elle a conçu deux tenues, pour la valse et pour les autres danses, coordonnée avec celle de Yannik. Nous avons choisi des dégradés de bleu et de violet.
Elle a conçu un body spécial tout en lycra et paillettes, trouvant une solution originale pourque je nai pas de fermeture dans le dos, afin que ce soit extrèmement esthétique, et elle a travaillé des nuits entières pour que nous ayons nos tenues pour le festival de Belgique, car il est très important de s'entraîner avec les tenues.

Elle nous soutient, crois beaucoup en ce que l'on fait, et elle nous a donné énormément d'idées originales qui nous ont aidé pour arriver à ce résultat auquel on a encore aujourd'hui du mal à croire, et nous la remercions pour son travail exceptionnel. Le danseur qui est bien dans sa tenue donne le meilleur de lui même.

Un mot à ajouter ...

Oui, nous remercions toute l'équipe des Français et des francophones qui nous ont soutenu dans une ambiance extraordinaire, dans un esprit totalement Country, convivial et chaleureux, un véritable esprit - Danse - , ils croyaient en nous et cela nous a porté merveilleusement, nous leur dédions, ainsi qu'à l'équipe SBD qui nous a tellement aidé, notre médaille à laquelle ils ont participé. Il faut savoir que les SBD s'investissent énormément dans les festivals pour faire connaitre la France et ses compétiteurs.
Merci, Anita et Yannick, et à bientôt pour de nouveaux challenges ...

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