Interview © Muriel Genty - Photos © Alain Mangenot - Country France - interview effectué lors du festival de Gstaad 2000 en Suisse
C’est grâce à son professeur de chant au lycée, Florence Gabriel Reese, que Chad Brock a pris conscience de ses talents musicaux. Depuis cette époque, le chant et la musique ont toujours fait partie de sa vie. Chad aurait aussi pu se lancer dans une carrière sportive de par ses qualités d’athlète. Il a d’ailleurs été lutteur professionnel.
Mais, à la suite d’une blessure, il a abandonné la lutte pour se dédier entièrement à la musique. Ce natif de la ville d’Ocala en Floride a déménagé à Nashville en 1992.

Il s’est produit dans de nombreux clubs et honky tonk afin de perfectionner son art. Son premier album en 1998, produit par les figures Norro Wilson et Buddy Cannon, l’a propulsé sur le devant de la scène. Des chansons comme " Evangeline " ou " Ordinary Life " ont conquis le public par les émotions que leurs paroles et musiques véhiculent.

L’artiste s’est alors beaucoup produit sur scène live, notamment lors de la tournée " High Mileage " d’Alan Jackson, acquérant ainsi une grande confiance face au public. Son deuxième album " Yes ! " sorti en 2000 a confirmé sa place de nouvelle star de la musique country à côté des plus grands. Des légendes comme Georges Jones et Hank Williams Jr. ont participé à la version an 2000 de la chanson " A country boy can survive " de ce dernier album.

Chad Brock s’est lancé à la conquête du public européen. L’année dernière, il était en France au festival de Craponne-sur-Arzon 1999. Cette fois, nous l’avons rencontré à l’occasion du festival de musique country de Gstaad en Suisse.
CF : Chad Brock bonjour et merci de nous accorder cette interview juste après votre show. Tout d’abord, nous souhaiterions savoir quand et comment vous avez décidé de devenir chanteur country ?

CB : Je chantais dans des clubs et me produisais dans toute la Floride, l’Etat dont je suis originaire.

Et un jour j’ai juste pris la décision de tenter le coup, de partir pour Nashville. Je suis arrivé à Nashville en janvier 1992 et j’ai obtenu un contrat avec une maison de disques en 1994.

Chad Brock au Festival de Gstaad 2000 en Suisse.
CF : Vous avez été lutteur professionnel sous contrat avec la WCM. Mais une blessure a mis fin à votre carrière sportive. Pensez-vous d’une certaine façon que cette blessure a été un déclencheur pour votre carrière musicale, une opportunité d’une certaine façon ?

CB : Oui, c’est possible. Je pense que les choses étaient censées se passer ainsi. J’ai été lutteur de la WCM pendant quelques années. J’avais aussi un contrat avec une maison de disques à la même époque mais je n’accordais pas beaucoup de temps à ma musique. En fait, j’étais plus impliqué dans la lutte que dans la musique. Après ma blessure, j’ai donné tout mon temps à la musique qui était la meilleure chose pour moi à cette époque.

CF : Quelles sont vos influences musicales ?


CB : Elles sont très nombreuses. J’ai grandi en écoutant du Southern Rock, des groupes des années 70 comme Lynyrd Skynyrd et Molly Hatch, en écoutant Merle Haggard, Buck Owens, Conway Twitty vers 1975, Steve Wariner dans les années 80. Je pense que j’ai pris un peu de chacune de ces influences et cette combinaison est ce que je suis. J’ai une base traditionnelle mais j’aime aussi mettre un peu de rock dans tout ça.
CF : Il y a actuellement à Nashville une controverse qui oppose la new country à la country plus traditionnelle. Où selon vous se situe votre musique, diriez-vous qu’elle est influencée par la pop ou qu’elle reste fidèle à la country traditionnelle ?

CB : Pour moi, dès l’instant où la chanson est un succès cela m’est égal.
Si une chanson de country traditionnelle est un tube, c’est super, si une chanson de country pop est un tube, je ne vois pas de problème, c’est super aussi.
Ce qui m’intéresse, c’est de sortir des bonnes chansons et j’aime tous les styles dans la musique country.
Je pense que le fait de proposer une grande diversité de styles de musique country permet de toucher un plus large public. Je ne m’inquiète même pas au sujet de cette controverse.

Chad Brock et Muriel Genty, lors de l'interview à Gstaad
CF : A votre avis, c’est donc le public qui est juge ?
CB : Je pense que si quelqu’un me proposait une très bonne chanson aux accents pops je n’hésiterais pas à l’enregistrer. Je pourrais toujours rajouter du violon ou de la steel guitar. Il nous serait toujours possible de la rendre traditionnelle. Tout ce qui compte pour moi c’est la chanson en elle-même, les paroles.
CF : Que pensez-vous du son country actuel à Nashville ?

CB : Je pense que nous commençons à remonter la pente. Nous avons traversé une mauvaise passe pendant quelques temps parce que nous avons laissé les chansons nous échapper. Tout le monde essayait de signer un contrat avec la prochaine star de 13 ou 14 ans, dans le style de Lee Ann Rimes. Le résultat c’est qu’ils se sont éloignés de la musique, privilégiant l’apparence physique et jugeant une chanteuse sur ce dont elle avait l’air avec un tee-shirt court laissant voir son nombril. Nous nous sommes éloignés de la musique au profit de l’image. Maintenant, je pense que nous nous tournons à nouveau vers la musique et que les choses devraient s’arranger.

CF : Comment choisissez-vous vos chansons ?


CB : Ce qui compte c’est l’impact émotionnel qu’elles produisent sur moi. C’est ainsi que je les choisis, en fonction de ce que la musique me fait ressentir. Si je ne parviens pas à ressentir la chanson, si je ne peux pas la faire ressentir au public, alors ce n’est pas la peine que je la chante.

CF : Certaines de vos chansons reflètent votre vie. Par exemple la chanson " Yes ! " qui raconte comment vous avez rencontré votre femme en allant récupérer votre courrier dans votre ancien appartement dans lequel elle avait emménagé après vous.


CB : Oui, en effet. En fait, j’ai demandé ma femme en mariage en France, l’année dernière le 31 juillet le jour de mon 36ème anniversaire. Je me produisais au festival de musique country de Craponne-sur-Arzon et j’ai chanté " Yes ! " pour elle. Nous sommes maintenant mariés depuis 1 an.

CF : Félicitations ! Combien de fois vous êtes-vous produit en Europe ?
CB : C’est ma 5ème fois. J’adore venir en Europe.

CF : Que pensez-vous du festival de Gstaad et du public européen ?
CB : C’est merveilleux. Gstaad est probablement une des plus belles villes que j’ai eu l’occasion de voir dans ma vie. On se sent bien ici. Les gens sont très accueillants et ils adorent la musique country et c’est formidable. Je veux revenir !

CF : Quels sont vos projets à venir ?
CB : Nous avons commencé à travailler sur le 3ème album à Nashville. Nous sommes toujours en tournée, nous voyageons beaucoup. Je rentre chez moi dimanche et repars à nouveau mardi soir pour Roswell au Nouveau Mexique et continuerai ma tournée encore après ça.

CF : Quand pensez-vous sortir ce 3ème album ?
CB : Je ne sais pas encore, dans le courant de l’année prochaine.

CF : Prévoyez-vous de revenir bientôt en France ?
CB : Avec plaisir si on m’en donne l’opportunité.

CF : Chad Brock, merci pour avoir répondu à nos questions et félicitations pour votre performance de ce soir à Gstaad !
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