Interview © Muriel Genty © Photos Jérôme Simonnot - © 2005 Country France - Tous droits réservés - Reproduction interdite.

ERIC HEATHERLY

Lorsque Eric Heatherly est devenu célèbre avec le single " Flowers On The Wall ", certains n’ont vu en lui qu’une nouvelle étoile filante de Nashville, star d’un jour surfant sur la vague d’un tube éphémère.

En fait, le succès d’Eric Heatherly ne doit rien au hasard, mais est le résultat d’années de travail dédiées à la musique country. Parvenir au top est difficile et y rester l’est encore plus. Seuls les plus talentueux y parviennent et Eric est un de ceux là.
Excellent chanteur, guitariste hors pair, il a enflammé le public de Craponne avec un show très country-rock, reprenant les tubes de son album " Swimming In Champagne " et intégrant les nouvelles chansons de son dernier album " The Lower East Side Of Life ".
Le professionnalisme était là, l’énergie d’un passionné de musique également, et le public ne s’y est pas trompé, acclamant l’étoile de Nashville sous le ciel de Craponne.
Nous l’avons interviewé quelques minutes avant son passage sur la scène du Country Rendez-Vous.
CF : Pouvez-vous nous parler de votre discographie et notamment de votre dernier album The Lower East Side Of Life " ?
EH : Mon premier album a été " Swimming In Champagne ", incluant le hit " Flowers On The Wall ". Il y a eu deux autres singles issus de cet album qui ont été classés au Top 30 : " The Wrong Five O’Clock " et " Swimming In Champagne ". Puis, j’ai enregistré un autre album pour Mercury qui n’est jamais sorti. Ensuite, j’ai enregistré un album pour Dreamworks " Sometimes It’s Just Your Time " qui n’est pas sorti non plus. Je viens juste de terminer un nouvel album " The Lower East Side Of Life ",
qui est sous le label AGR/Universal ici en Europe et sous le label Koch Records aux Etats-Unis. C’est plus de l’Americana, de la country alternative rock.
CF : Avez-vous décidé d’évoluer vers un autre style de musique country ?
EH : Oui, même si je reste proche du style qui a toujours été le mien. Mon style est juste moins rockabilly maintenant. Une place plus grande est accordée à la guitare et au chant. Je perfectionne l’écriture des chansons, aussi bien en ce qui concerne le texte que la musique.
CF : Vous aimez composer de nouvelles chansons ?
EH : J’adore ça, c’est une passion. Je me retrouve souvent au milieu de la nuit en train d’écrire une nouvelle chanson.
J’accorde une importance toute particulière aux paroles, car pour moi la musique c’est la partie facile. Je peux me réveiller au milieu de la nuit et me mettre à jouer de la musique, et jouer ensuite toute la journée. Mais pour qu’une chanson devienne un succès, il faut un bon texte, quelque chose dont les gens vont se souvenir, surtout dans le domaine de la country music.

CF : Comment expliquez-vous le fait que Mercury puis Dreamworks n’aient pas sorti vos albums après " Swimming In Champagne " ?
EH : Les raisons sont politiques et je me suis trouvé au milieu de tout ça. Cela m’a vraiment fait de la peine parce que ces albums étaient fantastiques, j’étais très fier du travail accompli. Aujourd’hui, ces albums sont toujours là sur une étagère à attendre.
CF : Pensez-vous que ces albums pourront un jour sortir ?
EH : Je ne sais pas, je l’espère.

CF : Parlez-nous de la tournée de promotion de votre dernier album.
EH : Je suis actuellement en tournée à travers le monde. Hier j’ai joué en Pologne devant plusieurs milliers de personnes. Nous sommes partout très bien reçus, c’est formidable. L’album se vend très bien. Il est très bien accueilli et reçoit de bonnes critiques.
CF : Avez-vous joué à la Fan Fair en juin dernier à Nashville ?
EH : Oui, sur la scène montée le long de la rivière, c’était merveilleux, j’ai signé des milliers d’autographes, cette année a été une très bonne année.
CF : Qu’avez-vous prévu après ce festival de Craponne ?
EH : Après ce festival, je rentre à Nashville pour reprendre les enregistrements, et je vais me reposer un peu aussi !

CF : Quelles sont vos influences musicales les plus fortes ?
EH : Tout a commencé avec Elvis, Jerry Lee, Johnny Cash. Ensuite j’ai évolué vers des artistes comme Hendrix, ou The Fabulous Thunderbirds, qui accordent une grande place à la guitare.

CF : Vous êtes un excellent chanteur mais aussi un guitariste talentueux, préférez-vous chanter ou jouer de la guitare sur scène ?
EH : Je préfère la guitare. Parce qu’avec le chant, on reste tributaire d’éléments comme l’altitude, les voyages en avion, qui peuvent abîmer la voix. Alors qu’avec la guitare on n’a pas ce souci.
CF : Que pensez-vous de la façon dont la country music a évolué à Nashville, avez-vous été déçu ?
EH : Oui, j’ai été déçu, les choses ne se sont pas passées comme je l’espérais lorsque je suis arrivé à Nashville, en 1990-91. Je m’attendais à plus d’entraide, de camaraderie. J’ai grandi à l’époque de Waylon Jennings, Billy Joe Shaver, je voyais tous ces artistes s’aider mutuellement, se soutenir. De nos jours, c’est plus " chacun pour soi ", c’est vraiment dommage.

CF : Pensez-vous que les Maisons de Disques sont responsables de cela ?
EH : Peut-être que certaines Maisons de Disques ont une responsabilité, mais c’est en fait surtout de la responsabilité des artistes eux-mêmes. L’époque où nous nous retrouvions tous dans un garage pour un bœuf est terminée. Mais, j’essaye d’améliorer cela.

CF : Parlons de votre style vestimentaire. Vous êtes connu pour votre look un peu rockabilly, différents de celui des autres chanteurs country. Avez-vous aujourd’hui conservé ce style particulier ?
EH : Mon look est resté à peu près le même. Mes cheveux sont un peu plus longs. C’est important que je sois à l’aise pour jouer de la guitare sur scène.

CF : Diriez-vous que ce look particulier vous a été utile, en vous faisant remarquer, ou bien pensez-vous au contraire que cela vous a porté préjudice ?
EH : Les choses ont toujours été un peu plus difficiles pour moi parce que d’une manière générale je marche un peu en dehors des sentiers battus, je reste fidèle à mon style et à ma musique. Mais ça vaut le coup au final !

CF : Que pensez-vous du public européen, vous semble t-il différent du public américain ?
EH : Le public européen est très enthousiaste. Les européens aiment la musique authentique, les racines de la country. Ce qui me ravit, car c’est ce style de musique qui est dans mon cœur. Sur scène, nous ne sommes que 4 musiciens. Deux guitaristes, un bassiste, un batteur, c’est très simple. Cela me donne beaucoup de travail, car je chante et joue en même temps, je joue aussi bien la rythmique que certains riffs. Tous les musiciens doivent s’impliquer à fond, comme nous ne sommes pas nombreux. Et en finalité, c’est très gratifiant, car nous donnons le maximum de nous même.

CF : Est-ce votre première scène en France ?
EH : Oui, j’avais déjà joué à Londres, à Zurich, mais jamais en France, c’était également ma première scène en Pologne. C’est pourquoi je suis très heureux et impatient de monter sur scène ce soir.

CF : Eric, merci beaucoup pour nous avoir accordé cette interview exclusive. C'est un bonheur de vous retrouver sur cette scène mythique du festival Country Rendez-Vous !
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The Lower East Side Of Life
Flowers On The Wall
Swimming In Champagne
Interview © Muriel Genty - © Country France 2005 - Tous droits réservés - Copie interdite. Reportage effectué au Festival cCountry Rendez-Vous - Interview Exclusif Juillet 2005.
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