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Par Alain Menu. Extrait de Cactus Country n°2 publié par Step'n Slide |
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| Les gros réacteurs du 747 de l'American Airlines hurlent leur joie au contact du sol de l'aéroport de Houston cette après midi du 23 décembre 1996. Nous avons plus d'une heure d'avance sur l'horaire prévu, (à croire que ce zinc avait deviné notre impatience de débarquer dans un de ces bons vieux bar Texans afin de se délecter d'une Coors bien glaçée au son feutré du juke box qui distile immanquablement du Western swing ponctué par la voix rauque d'Arkee Blue, le regard évaluatif sur le 90B hypothétique des mensurations de la serveuse). Larry avait tenu à venir nous acceuillir lui-même à l'aéroport. On avait parlé jusque trés tard dans la nuit, Larry et moi, quelques mois plus tôt, de l'hospitalité des Français, des progrès de l'informatique et de notre goût prononçé pour le C&W dancing. J'avais eu la joie de le recevoir chez nous avec sa femme Laurie et la petite Tyler. |
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| Et puis il y avait eu la croisière sur la Seine le lendemain à bord du River's King, avec ces instants magiques et la démo éblouissante de Laurie et Larry dont beaucoup ont gardé le souvenir. Ils ne se doutaient pas qu'ils faisaient déjà partie de la famille vu leur présence fortement marquée sous forme de cassettes vidéo que nous regardions avec la plus grande attention depuis plus deux ans. Pour moi, c'était LA référence absolue en matière de two step. Ils ne soupçonnaient pas davantage l'admiration dont ils faisaient l'objet et que, par pudeur, j'essayais de ne pas trop montrer. | |||||||||||||||||
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| Virginie, Nat et moi, nous étions tous les trois impatient de les retrouver et d'assouvir notre curiosité. Je décidai de ne pas attendre et quittai Houston airport, bercé par le bruit onctueux du V8 Chevrolet de "loc" de chez Alamo bien décicé à surprendre nos hôtes. Les phares de la Chevy se reflètaient dans l'immense baie vitrée qui faisait office de vitrine au studio de danse "Stepín style" oû les Sepulvado passaient le plus clair de leur temps à prodiguer leur art à une cadence qui dépasse l'imagination. Derrière nous, le magasin Toys'R us flashait outrageusement de toutes ses lumières de Noël et l'agitation des passants était à son comble à la veille des fêtes de fin d'année. | |||||||||||||||||
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| C'était mon deuxième Noël aux States, mais là, on y était venu pour se perfectionner chez les Sepulvado avant de se lancer sur la piste des Worlds, histoire de jouer dans la cour des grands et de leur faire voir aux ricains que les "frenchies" ne sont pas seulement bons quí'à tortiller du fion sur un air de java pourave dans un baloche glauque de charcutier de sous préfecture, moins choqué par la djélabah que par le Stetson de leurs congénaires! L'instant tant attendu était arrivé. La porte franchie, après avoir echangé un "hug" de sincère amitié avec Laurie et Larry, il eut été inconvenant de refuser de se joindre à la classe des trente cinq élèves "Two steppant" sur la piste, arborant pour la plupart des bonnets de père Noël en guise de Résistol. |
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| Santa Mac en personne vint me saluer ainsi qu'un habitué du cours qui nous raconta ses études dans l'hôtellerie en France "many years ago" dans un Français digne de Victor Hugo. Chacun avait apporté un cadeau pour les profs et ce fut avec une certaine fierté que nous déposames notre paquet made in France sous le sapin en plastique prévu à cet effet à l'entrée du cours à côté du petit meuble de télévision devant lequel Austin (le fils de Laurie et Larry) regardait son équipe de base-ball préférée, sans avoir l'air le moins du monde perturbé par ce qui se passait autour de lui. Les jours qui suivirent nous rapprochèrent et furent d'une grande richesse. Larry m'indiqua toutes les bonnes adresses (plans à l'appui) dont j'avais besoin et le studio devint rapidement notre quartier général, point de départ de toute activité. Beaucoup venaient de loin pour prendre des cours particuliers avec Laurie mais nous étions probablement de ceux qui avaient fait le plus long trajet. De mon cours de danse avec Laurie je dirai simplement qu'il fut exceptionel mais le plus difficile fut de se concentrer sur mon footwork alors que je la tenais dans mes bras me trouvant soudain troublé et pris de trac incontrôlable qui ne faisait qu'ajouter à ma maladresse chronique. Danser avec la championne du monde, croyez-moi, ça vous fait un drôle de truc au niveau des tripes et on n'en réchappe pas sans émotions fortes! |
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| Ces moments resteront longtemps prÈsents à ma mémoire. Les cours se succédaient les uns après les autres d'une façon presque inhumaine pour les profs tant la concentration était soutenue. Notre présence semblait à la fois une bouffée d'air exotique et un souci supplémentaire dans le planning de nos hôtes. Après une halte dans leur maison, nous décidâmes d'aller dîner en ville dans l'un de ces merveilleux restaurants cajun "papadeaux" baptisés chez papa et qui font la fierté de la cuisine Texane. Que celui qui n'a jamais mis le bout de ses santiags dans ces hauts lieux de la gastronomie téléphone immédiatement à son agence de voyage pour prendre le premier vol Paris-Houston afin de réparer cette erreur et cesse de vomir ses a prioris négatifs sur l'art culinaire des Amerloques comme le font certains franchouillards pourvus d'un QI voisin de celui d'un tétard trisomique. Bref, c'était le top du top comme on dit dans les banlieues chic. Larry insista pour payer l'addition et j'en fus très enuyé. "Une heure du mat, on irait bien s'en jeter une dernière au saloon du coin" dis-je d'un ton placide. Mais j'ignorais que c'était le seul créneau horaire qui leur restait pour leur entrainement. J'avais oublié qu'ils participaient à la compÈtition la plus prestigieuse qui soit dans la catégorie masters: les Worlds. |
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| L'enjeu était de taille, mais rien ne le laissait supposer tant leur simplicité gommait l'importance de l'évènement. Nous reprîmes donc la route du studio afin de les laisser "travailler" leur routine que nous revîmes avec bonheur deux semaines plus tard sur la piste de compétition avec certainement une étrange complicité. Leur place de champions en titre fut largement méritée. Je ramenais dans mes bagages une vidéo de cette compétition. Leur prestation est d'une rare qualité et les adjectfs me manquent pour en parler. La nouvelle effroyable de l'accident de Laurie Sepulvado quelques mois plus tard nous a beaucoup touché. Je n'ai pas revu Laurie depuis et à l'heure oû j'écris ces lignes, il m'est toujours impossible de regarder cette vidéo. Alain Menu Consultez le site de Laurie et Larry Sepulvado. - Email: laurie@stepnstyle.com |
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