Interview © Muriel Genty et Guy Moraly - Photos © Alain Mangenot © Country France - Tous droits réservés - Reproduction interdite.
Retour à "La légende - Mario Luraschi - Hugues Aufray - Dale Watson

INTERVIEW HUGUES AUFRAY

CF-GM : Aujourd’hui à Bercy, c’est la grande fête du far-west et de la musique country .A-t-elle toujours toujours ponctué votre carrière ?

HA : Oui, et ce soir encore je suis très heureux de participer à ce spectacle qui a été entièrement conçu par mon ami Mario Luraschi. Lors du spectacle que nous avions fait à Bruxelles il y a quelques années, j’étais le récitant. Cette fois, ma participation est extrêmement modeste, mais c’est pour moi un geste d’amitié pour Mario plutôt qu’autre chose, c’est la sens de ma présence ici.

Pour moi la musique Country est une musique populaire au vrai sens du terme. Ses racines sont authentiques et profondes. Elles sont puisées dans l’héritage de gens ayant des origines différentes mais qui ont su créer un véritable folklore inépuisable.
CF-MG Quel va être le style des chansons que vous allez nous interpréter ce soir ?
HA : Ce sont des chansons bluegrass, cajun qui montrent bien le côté universel et multi cultures de cette musique. Ce soir, je fais donc une apparition, je chante trois chansons qui évoquent la Louisianne et le sud des Etats-Unis et ensuite, après la bataille des cowboys contre les indiens, je chante une chanson qui est aujourd’hui d’actualité qui est " Blowin’ In The Wind " de Bob Dylan qui pose la question sur la guerre et la paix.
CF-GM Vous avez chanté du folk et nous avons tous en tête les merveilleuses chansons de votre ami Bob Dylan que vous nous avez fait découvrir. Cela s’appelait le folk, mais c’était très proche de la musique country. Que pensez-vous du phénomène country qui se développe aujourd’hui en France ?

HA : C’est un phénomène qui n’est pas nouveau. Ce qui n’est pas nouveau, malheureusement, c’est la difficulté de faire aimer et accepter cette musique. .

Le public français n’est pas habitué à apprécier toute la richesse d’une musique simple basée souvent sur trois accords de guitare.
Georges Brassens l’avait bien compris. On peut dire que c’était le premier chanteur country français. Georges Brassens avait de nombreux points communs avec Hank Williams, l’un des pères de la musique country.
Une guitare quelques accords et des vrais textes sont suffisants pour faire des merveilles. Malgré son immense talent, Georges Brassens n’a pas été compris de la majorité des français qui ont préféré le côté plus théatral de Jacques Brel.
CF-GM : N’est-ce pas le côté trop américain de la musique country qui heurte la sensibilité des français ?
Sans aucun doute. Il y a en France un rejet pour tout ce qui est américain. Il existe un anti-américanisme héréditaire dans notre pays. De plus, les cow-boys sont souvent décrits par les français comme une caricature des américains. Ils n’ont pas compris que le mot cow-boy veut dire gardien de vaches. Nature et liberté sont des valeurs qu’ils véhiculent et que l’on retrouve dans cette musique.
Il faut donc en finir avec ces préjugés anti-américains. Il faudra je pense encore du temps et un métissage culturel important pour que les français apprécient la vraie profondeur de cette musique " américaine " qui n’est autre que la musique de leurs ancêtres européens partis conquérir le nouveau monde.

CF- MG : Que pensez-vous du succès rencontré par ce spectacle western, organisé à Bercy ?
HA : Je pense qu’on pourrait faire beaucoup mieux, par rapport à l’importance de la salle je trouve qu’il n’y a pas eu énormément de publicité, donc c’est une performance d’avoir tout ce monde. Je pense qu’on pourrait faire mieux.

Bien avant qu’il y ait un engouement pour les spectacles équestres, comme on le voit maintenant, dès le début des années 60, j’avais déjà conçu des spectacles équestres. Mais, je n’ai pas pu les monter par manque de temps et de moyen. Je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à faire, notamment à Bercy. Peut-être qu’un jour, avec ou sans Mario, je ferai quelque chose, qui ne sera pas forcément country western, mais qui sera autour du thème du cheval.

CF- MG : Quels sont vos projets actuels ?
HA : Je suis en tournée toute l’année, surtout les week-ends. Je passe à Paris très rarement car la mentalité correspond moins à mon style, je suis très country moi, et country veut dire " campagne ", je suis très provincial et donc je privilégie la province. Je sors régulièrement des disques qui sont nouveaux mais que les gens ne connaissent pas forcément parce que la radio ne diffuse pas toujours les nouveautés de gens comme moi. Je suis en train de préparer un disque qui sortira d’ici 1 an, 1 an et demi à peu près.

Merci encore à vous, Hugues, de nous avoir accordé ces quelques instants avant de rentrer sur la scène de Bercy.
Interview : Guy Moraly et Muriel Genty - Photos : Alain Mangenot.
Retour à "La légende - Mario Luraschi - Hugues Aufray - Dale Watson
Retour à Country France