Le festival de danse Country Western, qui s’est tenu les 23 et 24 septembre 2000 au gymnase de Choisy à Paris, organisé par F.C.W.D.A. , a pour beaucoup symbolisé le lancement de la nouvelle saison de danse 2000 / 2001.
Bientôt, tous les cours de danse auront repris et, si l’on s’en tient aux nombreux évènements déjà prévus dans le nouvel agenda interactif Country-France, l’année promet d’être riche en bals, festivals et concerts de toutes sortes !

Tout était réuni pour passer un bon moment, de nombreux stages et workshops, des bals, des exposants. Et surtout un invité vedette qui n’était autre que le célèbre et talentueux danseur Rob Fowler, notamment connu pour sa chorégraphie de " The Beast "

. Les admirateurs du danseur étaient venus en nombre pour profiter de son enseignement. Country-France a rencontré Rob Fowler pour une interview exclusive.
Interview © Muriel Genty . Photos © Alain Mangenot - © Country France - reproduction interdite
CF : Bonjour Rob, et merci de bien vouloir répondre à nos questions. Tout d’abord, quand avez-vous commencé à danser et qu’est-ce qui vous a poussé à devenir un danseur professionnel ?

RF : Pendant 10 ans, j’ai enseigné le karaté. J’étais ceinture noire 2ème dan. Il y a 7 ans, je suis parti en vacances avec mes élèves. Un après-midi nous sommes allés au karaoké, et nous avons vu des danseurs en ligne sur la piste. Je les ai rejoints avec l’intention de me moquer de leurs professeurs. Et en fait cela m’a plu !

Mes amis du karaté passaient leurs soirées à boire et à s’amuser et allaient se coucher au petit matin. Pendant le reste du séjour, j’ai pris l’habitude de me lever en douce le matin pour aller aux cours de line et je revenais avant que mes amis se réveillent pour qu’ils ne se doutent de rien.

Mais, le dernier jour des vacances, ils m’ont surpris ce qui les a bien fait rire. Voilà comment j’ai commencé à danser. A mon retour, j’ai rejoint un club de danse en ligne près de chez moi.

Après quelques années, j’ai commencé à m’ennuyer, dans le sens où j’en voulais plus. Je suis alors parti aux Etats-Unis pendant 3 mois pour voir ce qui se faisait en line et en danse en couple comme le two-step et le west coast swing.

Puis, je suis rentré et j’ai décidé d’ouvrir mon propre club pour enseigner ce que j’avais appris. C’est à ce moment que j’ai inclus tous les mouvements hip hop et les body rolls pour attirer les jeunes dans cette discipline. Et c’est la raison pour laquelle j’ai commencé à enseigner.

CF : Quelle est votre formation de danse, est-elle uniquement country, ou bien avez-vous été formé à d’autres styles, comme le hip hop par exemple dans vous parliez justement à l’instant ?

RF : En Angleterre, la danse en ligne est complètement ouverte à tous les styles et influencée par ces derniers. Il s’agit de styles très variés, cela va de l’influence cubaine avec le cha cha à la valse en passant par le hip hop. En ce qui concerne ma formation, je pratiquais beaucoup les danses " urbaines ", c’est-à-dire tout ce qui est body rolls etc. Et mon expérience au karaté m’a appris à enseigner. Quand on peut enseigner à 40 ceintures noires, on peut enseigner à n’importe qui !
CF : Quelles sont les plus importants titres et récompenses que vous avez remportés ?

J’ai été chorégraphe de l’année en 1996, 1997 et 1998. J’ai été professeur de l’année en 1997 et 1998. J’ai remporté le championnat de line dance européen en 96 et 97, le championnat Open du Royaume-Uni en 96 et 97, le championnat Open international en 96 et 97, le championnat européen de danses en couples division 2 en 96 et 97, le championnat anglais de danses en couples en 96 et 97, le championnat anglais de 1997 en two-step, west coast swing et polka, j’ai été 4ème aux championnats du Monde de 98 dans la catégorie " Overall Advanced Line Dance Male ", j’ai remporté le championnat européen de couples division 2 en 1998.

CF : Que préférez-vous faire : enseigner, participer à des compétitions, chorégraphier des danses ?

RF : J’adore la compétition. Mais, maintenant je deviens un peu trop âgé pour cela. Surtout, j’entraîne des jeunes à concourir et dans ce cas nous nous retrouverions en compétition. Or, je trouve que cela serait immoral ou disons non éthique de concourir contre mes propres élèves. Je les laisse donc participer aux compétitions. Néanmoins, chaque fois que je me rends à un concours, j’ai envie de me lever et d’y prendre part. Mais, je me retiens car je ne crois pas que cela serait une bonne chose.

CF : Préférez-vous la danse en ligne ou en couple ?
RF : Je préfère la danse en ligne dans le sens où, d’une part, j’aime danser en ligne et, d’autre part, il faut savoir que cette discipline est beaucoup plus complète que certaines personnes le disent..


Rob Fowler lors du festival Newmarket 1999 Disneyland Paris
Selon certains, on ne pourrait atteindre que le niveau 20 sur 20. Je ne crois pas cela. Je pense que le niveau le plus élevé peut sans cesse être repoussé plus haut, la progression est toujours possible. Le seul problème, c’est que plus le niveau devient élevé, moins cela ressemble à priori à de la danse en ligne et pourtant c’est en fait toujours de cela dont il s’agit.

J’aime la danse en couple comme un loisir et je participe aux concours Pro-am avec mes élèves. Je donne des cours à des couples mais, une fois que ma limite est atteinte, je les envoie vers des Masters. Plusieurs jeunes que j’entraîne sont épatants, absolument fantastiques et je ne peux plus guère leur en apprendre davantage.
Je leur recommande donc de changer de professeur et je suis fier de les voir danser au top niveau mondial avec tous ces Masters.
CF : Quels est selon vous le niveau des danseurs européens comparé à celui des américains ?

RF : A l’heure actuelle, je pense que les danseurs en ligne Anglais et Hollandais sont de loin les meilleurs du Monde. Cela va sans doute pouvoir être constaté lors des Championnats du Monde de cette année car je pense que tous les grands titres vont être remportés par des Hollandais ou Anglais. Les Anglais ont eu de très bons résultats ces dernières années mais je pense que les Hollandais les rattrapent rapidement et à mon avis entre les Anglais et les Hollandais toutes les récompenses vont revenir aux Européens. Et en France le mouvement s’amplifie aussi. Quand je suis venu en France il y a deux ans, tout le monde était intéressé mais il n’y avait pas l’engouement actuel. Aujourd’hui on peut sentir cet enthousiasme, tout le monde est très avide d’apprendre, de progresser. C’est aussi de cette façon que ça s’est passé en Angleterre.


Rob Fowler au Festival FCWDA - Paris - septembre 2000
En Angleterre, la danse en ligne est devenue un des loisirs favoris, avec 2 ou 3 millions de personnes la pratiquant chaque semaine. Et je pense que la même chose va arriver en France.

En fait, j’envisage même de venir m’installer ici (rires). On dirait que le phénomène va exploser et ça va être super.

La nuit dernière, j’étais au Billy Bob’s du Disney Village à Disneyland Paris. Le Billy Bob’s est un formidable moyen de publicité pour la danse country, il permet de toucher un très large public. De plus, la soirée " Top Ten " a lieu le vendredi soir et les gens qui sont là ne sont pas forcément venus pour danser, en fait, ils sortent entre amis pour s’amuser et rentrent au Billy Bob’s où ils découvrent les danseurs en ligne, des danseurs qui dansent sur de la country music, et ils trouvent cela très sympa.
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