SPECIAL INTERNAUTES : LA CONFERENCE DE PRESSE
Entre 1984 et 1989, Naomi et Wynonna Judds, la mère et la fille, ont remporté plus de 60 récompenses Awards et 15 de leurs chansons ont été classées numéro 1. Les Judds étaient alors parmi les chanteuses country les plus talentueuses et les plus reconnues. Mais, en 1991, les Judds ont dû se séparer après qu’on ait diagnostiqué à l’ex-infirmière Naomi une hépatite C. Wynonna s’est alors lancée dans une carrière solo couronnée de succès. La récente rémission de la maladie de Naomi a permis aux deux chanteuses de reformer les Judds pour un concert exceptionnel donné à l’America West Arena à Phoenix en Arizona à l’occasion du Jour de l’An 2000 et pour une tournée " The Power To Change Tour ". Le dernier album solo de Wynonna " New Day Dawning " s’est aussi vendu accompagné d’un deuxième CD proposant 4 nouvelles chansons des Judds.
A 36 ans, Wynonna se produit depuis 18 ans. Néanmoins, elle n’avait encore jamais effectué de tournée solo en Europe.
Les 8 et 9 septembre 2000, elle était la superstar du festival de country musique de Gstaad en Suisse, un événement connu comme " Le joyau de la couronne des festivals country européens " et qui a toujours attiré les plus grandes stars.
Cette année, c’est donc le nom de Wynonna qui s’étalait en grand sur les affiches et le public select du festival était venu en masse pour l’applaudir. Même si certains auraient aimé un show un peu plus country et un peu moins Rythm and Blues, tous ont été impressionnés par le talent et le sens de la scène de l’artiste, et Wynonna a reçu l’ovation du public européen.
Le 9 septembre, après un premier concert le 8 au soir, Wynonna a donné une conférence de presse pour répondre aux questions des journalistes.

La star a accepté de répondre aux questions avec une grande honnêteté et sympathie. Country-France était bien sûr présent et vous livre aujourd’hui les réponses de Wynonna.
Q : Comment vous êtes-vous sentie hier soir sur scène ? Vous avez paru très à l’aise et vous avez reçu une ovation incroyable du public !
W : Je me suis sentie très aimée. J’étais très nerveuse, c’était la première fois que je chantais en solo en Europe et j’étais ravie, très étonnée. J’étais très curieuse de rencontrer mes fans européens et d’apprendre à les connaître, ma curiosité envers eux était tout aussi grande que celle qu’ils avaient vis-à-vis de moi. Au début, je pense que le public a été surpris par mon attitude, parce que je leur ai parlé de manière très hardie et très ouverte, spontanée, j’ai voulu partager quelque chose, fusionner avec le public et je ne suis pas sûre qu’il ait l’habitude de cela. C’est ce que je souhaitais. Et, un homme parmi le public est même venu chanter sur scène, c’était incroyable, j’étais stupéfaite ! Je crois qu’il s’agissait d’une demande en mariage, je ne suis pas sûre (rires). il chantait " Je t’aime baby, je t’aime Wynonna ", tout cela sur le thème musical de la chanson " No one else on Earth can love me like you do ".

Q : Lors du concert donné par les Judds à Nashville en juin dernier, vous avez dit que vous alliez venir en Europe tester le public, que s’il vous aimait tant mieux et que sinon vous iriez chanter ailleurs. Après l’expérience et le succès du concert d’hier soir, envisagez-vous toujours d’aller chanter ailleurs ?
W : En réalité, j’ai dit cela à un moment où je me sentais très sûre de moi. Mais, une fois arrivée ici, après 10 heures d’avion, je me suis sentie vulnérable. J’ai fait le tour de la ville, j’ai rencontré les gens et j’ai pensé " Je veux vraiment être aimée ". Tout a changé. Il est facile de dire ce que j’ai dit à Nashville quand on se sent en sécurité, chez soi. Est-ce que je vais quelque part, je l’espère. Je veux être universelle, je veux aller sur la Lune, je veux aller partout où je le peux. Parce que je pense que la musique country parle des gens et de leur cœur, que les gens ont envie de l’entendre et je me sens un peu comme une ambassadrice. J’ai un peu l’impression d’être venue ici en portant le drapeau et l’honneur de la musique country et je ferai tomber, j’ouvrirai toutes les portes que je pourrai, avec ma Harley s’il le faut. Je veux que les gens écoutent de la musique country, qu’ils entendent le cœur et la passion. Donc, j’espère revenir, surtout que j’adore cet hôtel ! (rires).

Q : D’où vous vient votre nom " Wynonna " ?
W : C’est justement Ray Benson, leader du groupe Asleep At The Wheel, (cf voir interview de Ray Benson sur CF) aussi présent au festival de Gstaad, qui est à l’origine de mon nom, car je ne suis pas née Wynonna (NDLR : Wynonna est née Christina Claire). Je l’ai rencontré dans un Honky Tonk. J’avais 13 ans et avec Ray nous venions d’écouter un chanteur de blues appelé " Wynonie Harris ". Je lui ai dit " ce serait cool de mettre un A à la fin du nom de ce chanteur et cela donnerait Wynonna ", comme dans la chanson " Route 66 ", " Don’t forget Winona ". C’est toute l’histoire de ma vie ça " N’oubliez pas Wynonna " (rires). Ray m’apparaissait comme un géant à l’époque et quand il m’a dit " Tu devrais être Wynonna " j’ai pensé " OK " car à 13 ans je savais déjà que j’allais devenir une star de la country, faire le tour du Monde et être Wynonna. Ma mère a décidé de déménager à Nashville et de percer dans le show business et un jour Ray nous a reconnues à la télévision, ma mère et moi, il ne savait pas que nous étions parties à Nashville. On ne s’est pas revu très souvent avec Ray Benson, chacun suivant son chemin, et aujourd’hui c’est la première fois qu’on a l’occasion d’être ensemble à une conférence de presse.

Q : Wynonna, vous venez d’organiser une vente d’objets personnels chez vous dans votre jardin, pouvez-vous nous en parler, étiez-vous présente en personne ?
W : J’oublie parfois que je suis célèbre. Je vis dans une très petite ville. Ça a commencé comme un petit événement local. Je venais de divorcer, je déménageais, évoluais et redémarrais une nouvelle vie. J’avais accumulé des objets pendant 20 années en tant que Judds, j’avais une Harley, un camion, et je voulais juste vendre quelques objets. L’étape suivante : 5000 personnes dans mon jardin en 2 jours ! J’étais chez moi avec mon talkie-walkie, j’entendais " Wynonna, tu demandes 500 $ pour tel objet mais le laisserais-tu pour 250 ? " et avec le talkie-walkie je répondais " oui ". J’ai vendu ma Harley et c’est passé aux informations nationales, sur Internet. J’avais oublié que ce serait un grand événement pour les fans. Je pense que beaucoup de fans sont venus de Floride, Californie, pour acheter des objets " Judds ". Et ma mère m’en a un peu voulu et m’a dit que je n’aurais pas dû me débarrasser de beaucoup de ces objets.

Q : Généralement, ce sont plutôt les mères qui se débarrassent des objets…
W : Je pense que parfois il est important de redémarrer dans la vie. J’ai 36 ans, j’ai fait cela 18 ans, la moitié de ma vie et je crois qu’il est important de prendre un nouveau départ. Cela m’a fait du bien de voir partir les 2/3 de mes vêtements. Et j’ai vendu ma Harley et je suis très contente car je vais aller m’en acheter une neuve. Et il me reste encore plusieurs choses que j'ai envie de proposer aux enchères sur eBay.
(note du traducteur, eBay est le site internet de vente aux enchères numéro 1 dans le monde, il est installé dans plusieurs pays et récement en France).

Q Quel modèle de Harley avez-vous l’intention d’acheter ?
W : Une rapide. Je conduis la plus grosse Harley qui existe, la " Fat Boy ".

Q : Parlez-nous du concert du Jour de l’An 2000 que vous avez donné avec votre mère.
W : J’ai décidé d’organiser une fête pour le nouveau millénaire. J’ai demandé à ma mère si elle voulait venir. Et 15000 personnes sont venues, nous avons tiré un feu d’artifice, ma sœur Ashley était là aussi, ça a été la célébration des Judds. Ma mère et moi sommes parties en tournée pendant 8 mois. Son rétablissement est un miracle, Dieu est bon, nous avons fait une tournée ensemble et à présent je reprends ma carrière solo. C’est drôle, j’ai été avec elle, sans elle, avec elle encore et maintenant je suis à nouveau seule, faisant la promotion de mon nouvel album et parcourant le Monde. Je l’ai appelé et je lui ai dit " maman, je suis internationale "et cela me fait très plaisir.

Q : Qu’a t-elle répondu ?
W : Elle était très contente, mais je pense qu’une partie d’elle a regretté de ne pas être là.

Q : Elle était aussi censée venir aussi à Gstaad au départ.
W : Mais, elle est restée à la maison en tant que nounou (rires).

Q : Quels âges ont vos enfants maintenant ?
W : 5 ans et demi et 4 ans. Et je suis très fière d’Elijah et de Grace. Ils ont grandi dans une sorte de bocal doré mais je suis parvenue à leur faire mener une vie normale. Ma mère les emmène se promener dans les bois et un jour Elijah est revenu à la maison et m’a dit qu’il venait d’apprendre à faire pipi dans les bois, et c’est ma mère qui lui avait appris ça, c’est quelque chose que les garçons aiment faire (rires). Je me suis sentie très fière.

Q : Souhaitez-vous que vos enfants se lancent dans la chanson ?
W : Non. S’ils se lancent dans le show business ça me rendra dingue je crois parce que j’ai voyagé dans un bus pendant 10 ans avec ma mère. L’idée qu’ils me soutiennent me semble bonne, je veux dire que j’ai moi-même soutenu ma mère pendant 10 ans alors pourquoi pas, mais en réalité je veux qu’ils aient une vie normale. C’est difficile d’être dans ce business. J’adore ça mais c’est fou. Il faut avoir le cœur et le talent. Si quelqu’un veut se lancer dans le show business juste pour être célèbre, il faut qu’il sache que ce n’est pas de cela dont il s’agit.

Q : Wynonna, vous être très sensible. Il y a peu, votre père biologique que vous n’avez jamais rencontré est décédé, quels sentiments avez-vous ressentis?
W : J’ai été anéantie. J’ai traversé ce que n’importe qui d’autre traverse dans ce genre de moment. Je ne l’ai jamais rencontré et c’est douloureux, mais je vais chanter sur ce sujet un jour. La douleur et la joie m’aident à chanter comme je le fais. J’ai traversé des montagnes et des vallées et plus je suis tombée bas, plus j’ai chanté cette souffrance. Et mon prochain album comprendra une référence à cette douleur. Je suis très autobiographique. Quiconque me connaît sait que je chante avec mon cœur. Une bénédiction et un fardeau. Si je suis de bonne humeur, je chante cet état d’esprit et de même si je suis de mauvaise humeur, c’est la vie. Et je suis payée pour ça, c’est super, c’est une chance (rires).

Q : Parlez-nous de votre chanson " Tuff Enuff ", une reprise de la chanson des " Fabulous Thunderbirds " ?
W : J’aime me balader dans ma 57 Chevy rouge. Avec mes amies, nous avions l’habitude de nous balader en voiture et de draguer les garçons et c’est la chanson que nous écoutions et qui nous enflammait. J’adore les " Fabulous Thunderbirds ". A l’époque où je passais du temps avec Ray Benson et son groupe, nous fréquentions les " Fabulous Thunderbirds ". J’adore le blues et j’adore cette chanson parce qu’elle me fait me sentir forte et j’ai donc décidé de l’enregistrer. Et Kim Wilson est venu jouer de l’harmonica, il est l’auteur original de la chanson et un des meilleurs joueurs d’harmonica du Monde. Quand je suis sur scène, je me sens comme une princesse guerrière avec une guitare, ma guitare est comme mon arme et je pars en guerre. Croyez-le ou non, dans la vie courante je suis tout aussi calme et timide que n’importe qui mais dès que je suis sur scène, je me sens comme invincible. Ainsi, cette chanson m’apporte de l’énergie, m’enflamme et je pense que c’est un droit des femmes que de se sentir puissante, c’est donc une sorte de chanson " phare " en ce moment. OK, ça marche pendant 1 heure au moins (rires).

Q : Il y a actuellement une controverse à Nashville concernant l’évolution de la musique country. Qu’en pensez-vous ?
W : Je pense que nous sommes gourmands et qu’il y a trop de gens que nous jetons dans l’arène et nous ne savons pas à qui appartiennent les voix. Mon cœur va vers tous ceux qui sont impliqués dans la musique country actuellement parce que la situation est difficile.

Nous sortons tout juste d’une incroyable progression de la country, tout le monde a sauté dans le wagon, tout le monde voulait être Shania Twain, tout le monde voulait devenir le (ou la) nouvel(le) artiste de l’année. Et les maisons de disques ont signé des contrats avec 50 artistes et ils les ont jetés dans le circuit et peut-être seulement 2 ou 3 ont percé. Je me souviens quand maman et moi avons signé avec RCA en 1983. Ils ont mis beaucoup de temps, d’argent et d’énergie et on nous a vu aller d’ici à là, nous nous sommes vues grandir dans la musique country. Nous nous sommes perfectionnées en tant qu’artistes.

Nous sommes allées dans les stations de radio, nous avons serré des mains, nous avons appris à nous connaître et il y avait une relation avec les radios, avec les fans. De nos jours, cela n’existe plus. Les gens se moquent de développer des relations personnelles avec les fans, nous ne nous intéressons pas aux radios parce qu’il y a tant de chansons à succès, tant de gens et nous perdons le cœur, nous perdons notre chemin, la vérité qui est que la musique country est la musique de la vie de tous les jours.

Et, je pense qu’à cause de toute l’avidité nous nous sommes éloignés de la vérité et je veux juste que les gens soient réels. Je veux savoir quand ce cow-boy monte sur scène s’il est réel ou s’il est fabriqué par une maison de disques quelconque. A t-il des mains calleuses de cow-boy comme Georges Strait, car lui il est vrai. Et nous ne savons plus ce qui est réel, nous ne sommes plus sûrs de qui ils sont ni d’où ils viennent. Cela me fend le cœur de voir toutes ces maisons de disques perdre de vue l’art.
Quant aux radios, une même personne possède 20 stations et peut faire tout ce qu’elle veut et passer les chansons qu’elle souhaite. Je pense que nous devrions revenir vers les gens. Je pense que c’est le public qui devrait décider. Ce type en costume qui possède 20 stations de radio et qui peut passer les chansons qu’il veut, je ne le pense pas en contact avec monsieur tout le monde.

J’ai chanté à l’enterrement de Tammy Wynett, c’était sur CNN. J’ai déclaré que nous étions en train de perdre nos superstars, nos aînés. Dans la Bible il est dit qu’il ne faut jamais perdre nos points de repère, emporter les fondations.
La base de la country music c’est Merle Haggard, George Jones, or nous ne les jouons plus, et nous perdons nos superstars. Quand on regarde une cérémonie de remise d’Awards, on ne voit que les nouveaux. Or, nous avons besoin de nos superstars, de nos aînés. Grâce à Tammy Wynett je marche maintenant sur une route pavée. Mais, nous ne jouons plus les chansons de ces artistes.
Je suis attristée par le fait que nous perdons de vue nos aînés et que nous ne jouons plus que les nouveautés. Nous avons besoin de nouveaux artistes mais il y a de la place pour tout le monde. Nous sommes devenus gourmands, nous avons oublié la vérité qui est qu’en musique country il y a de la place pour tous. La musique country possède de nombreux visages. C’est triste. Quelle va être l’évolution future ? Je pense que c’est comme pour les saisons, on va passer à la suivante puis à la suivante et celles qui sont passées seront toujours là et quand vous serez prêts pour nous, allons-y !

Q : On voit bien qu’il n’y a pas que la radio qui compte, quand on constate par exemple la façon dont les concerts des Judds ont affiché complets si vite, il y a une grande demande de la part du public.
W : Nous avons effectué une tournée numéro 1 et les radios n’ont pas passé les chansons des Judds sous prétexte qu’elles n’étaient pas dans leur format. C’est grâce aux fans que je suis toujours là.

Q : Quelle est votre opinion sur la chanson " Murder on the Music Row ", qui a fait beaucoup de bruit parce qu’elle dénonce le système actuel à Nashville, et qui a été nominée pour les Awards.
W : La vérité blesse. Beaucoup de gens ne me comprennent pas parfois parce qu’ils me croient arrogante alors que je suis simplement confiante en moi. Parce que j’ai été éduquée par ma mère qui m’a toujours appris à dire la vérité et j’ai été élevée au milieu de la musique country, ma mère a toujours été à mes côtés et m’a toujours conseillé de dire ce que je ressentais. Je pense que cette chanson exprime ce que les gens pensent. Vous savez, c’est comme quand on est assis à discuter avec un groupe de gens et que l’on dit quelque chose et que les autres s’exclament " oh ! " l’air outré alors qu’en fait on n’a fait que dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. Je pense que c’est la douloureuse vérité de " Murder on the Music Row ". Je pense qu’il y a beaucoup d’arrogance dans tous les types de business. Peut-être que la chanson relate une expérience personnelle, il faudrait connaître l’auteur de la chanson et lui poser la question. Il y aussi énormément de choses positives dans la musique country et à Nashville, je ne veux pas parler que du côté négatif. Mais, comme je l’ai dit précédemment, je pense que la vérité blesse.

Q : A t-on essayé de vous imposer un style de chanson pour que vous vendiez plus, pour que vous soyez plus ‘commerciale’ ?
W : Je pense que dans tous les business des gens voient que vous vendez et veulent vous faire vendre plus. Il y aura toujours un conflit entre l’artiste, le fournisseur et la demande. Il est très difficile de continuer à rester en accord avec soi-même. J’ai comme devise de rester fidèle à mes idées et cela m’a posé beaucoup de problèmes à Nashville.
Parce qu’ils veulent que je fasse tel disque country, que je sois ce qu’ils veulent que je sois et ils essayent de me diagnostiquer chaque jour et je continue à ruer hors des brancards et cela me cause beaucoup de problèmes. Je reçois de nombreux mémos, je participe à de nombreuses réunions au cours desquelles on essaye de me dire " Regarde, voilà ce qui se passe actuellement, aujourd’hui il faut être cela ou tu ne vendras pas ". Je sors de réunion et mon moral est à zéro. Je rentre chez moi et je me dis " OK, je vends ou je ne vends pas ". Je fais ce qui est en accord avec moi-même et j’espère et j’ai foi en ce que les fans apprécieront.

A 40 ans, Bonnie Raitt avait remporté 5 récompenses Grammy. Je me dis qu’à 36 ans, ça me laisse encore 4 ans et quand j’aurais 50 ans comme Tina Turner je recommencerai à nouveau et à 60 ans je recommencerai encore. Il faut juste continuer à suivre son chemin en accord avec soi-même en espérant que les fans suivent. C’est finalement grâce aux fans que j’ai survécu. Si ce n’était pas pour les fans j’aurais un vrai travail…Il y aura toujours un type en costume qui ne sait pas où se trouve mon cœur et qui me dira " Hé, vendons des disques, faisons ça… ".

C’est un peu comme les montagnes russes, parfois ça marche parfois ça ne marche pas. Mais, rien ne vaut la vérité. Je sais que cela va sembler bizarre mais des gens me demandent parfois comment je choisis mes chansons. En fait, c’est comme tomber amoureux, il faut trouver la bonne personne. La musique c’est comme faire l’amour, tout le monde a sa propre technique.

Et il faut juste continuer à être soi-même. J’ai été dans une situation dernièrement où on m’a dit qu’on voulait me rendre pop et vendre cela. Je me suis demandé ce que cela ferait à ma musique si quelqu’un remaniait complètement ma chanson pour la rendre Rock’n’roll ou Rythm and Blues, je me suis dit que cela pourrait être cool et puis j’ai pensé " une minute, je vais juste continuer à être moi-même et si ça traverse les styles tant mieux ". C’est ce que je veux de tout mon cœur.

C’est ce que j’avais d’ailleurs commencé à faire et puis je suis tombée enceinte, je suis rentrée chez moi, et j’ai eu mes bébés. Puis, Shania Twain est apparue et elle a en quelque sorte pris le contrôle. Elle a donné une leçon à tout le monde et elle est probablement dans son château à Genève contente d’elle parce qu’elle a fait ce qu’il lui semblait bon. Et maintenant, je vois que cela peut être fait et j’ai un très important défi à relever pour mon prochain album, il faut que je m’interroge pour savoir ce que je veux faire. Mais, les choix sont là et les choix sont secrets et je suis très reconnaissante.

Q : Merci beaucoup Wynonna pour avoir répondu à nos questions.

Country France - Interview exclusif de Wynonna