La talentueuse Wynonna était la grande star du festival de Gstaad 2000. De conférence de presse en émission de radio, son planning dans la ville Suisse s’est révélé extrêmement chargé.
Country-France est resté en contact avec Wynonna qui a accepté de répondre à nos questions dès son retour aux Etats-Unis.
Pour vous, aujourd’hui, cette interview exclusive de Wynonna !

For American and English readers, and other Countries, the original interview in american language
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conférence de Presse de Gstaad avec Wynonna - ses révélations - les souvenirs de Wynonna, des CD, en vente aux enchères sur eBay - Abonnez-vous à eBay
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CF : Wynonna, tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Country-France et toutes nos félicitations pour le show grandiose donné lors du festival de musique country de Gstaad. Nous aimerions commencer par vous demander quelles sont vos influences musicales ?
W : J’ai grandi au Kentucky où j’ai été imprégnée de bluegrass et de chants montagnards mais il ne faut pas non plus oublier que j’ai aussi vécu en Californie où j’ai découvert la musique de Bonnie Raitt, Aretha Franklin et Tina Turner. Oh là là ! Avec tout ça, il n’y a rien d’étonnant à ce que je chante comme je le fais ! Je suis allée dans toutes les églises noires où j’ai chanté avec tout mon cœur la musique gospel que j’aime tant et je veux pouvoir chanter cette musique lors de mes concerts.
Wynonna en concert à Gstaad.
CF : Votre dernier album " New Day Dawning " est un mélange de Country, Pop, Rythm and Blues, Gospel, musiques Chrétienne et Soul contemporaines. Qu’est-ce qui vous a poussé à créer ce style musical qui vous caractérise ?
W : J’ai passé la totalité de mes 18 années de carrière à faire ce genre de musique. Nous étions en train d’évoquer mes influences musicales, et bien ces musiques qui m'ont touchée au début font partie intégrante de moi. J’ai fait des choses formidables cette année, comme par exemple de chanter pour Joni Mitchell que j’adore ou de chanter la chanson " Girls With Guitars " en duo avec Cyndi Lauper. J’ai aussi fait un duo avec la reine du Gospel Vestal Goodman intitulé " Swing Low, Sweet Chariot " pour son dernier album et un autre avec les Dixie Hummingbirds intitulé " How Great Thou Art " pour leur album également. Quand on ajoute à cela tout ce qui concerne Wynonna et les " Judds ", on voit que le style n’a jamais vraiment été créé mais, si vous voulez, qu’il a juste évolué avec le temps.
CF : Vos fans country ainsi que les radios country ont été déroutés par le style de votre dernier album. Quelle va être votre prochaine direction musicale ? Prévoyez-vous de revenir à de la country plus traditionnelle ou de continuer à chanter dans un style différent ?
W : Je me sens plus forte que jamais là où je me situe actuellement musicalement. Néanmoins, ce dernier album n’a été lancé que pour la country, or les radios country ne passent pas mes chansons parce qu’ils ne savent vraiment pas dans quelle catégorie me situer actuellement. Je me suis créée un style particulier dont je suis fière. C’est la " country Wynonna ", mais malheureusement cela ne peut être classé dans aucune catégorie existante. Cela ne rentre pas dans le format de ce qui passe actuellement aux Etats-Unis. Je me sens un peu oubliée, ce qui n’est pas grave parce que je sais que mes véritables fans comprennent. Mais, ce n’est pas le cas du public country, en tant qu’industrie commerciale. Ils ont vraiment mis de côté cet album et les singles.
J’adore la façon dont vous les Européens faites les choses. Vous pouvez écouter toutes sortes de styles de musique différents sur une seule station de radio. Eh bien, ici aux Etats-Unis c’est impossible. Nous sommes triés et catalogués et cela me frustre constamment. En tant qu’artiste, je chante la musique qui satisfait mon âme. Quand j’entends une chanson, je ne m’assois pas là en me disant " Oh bon sang, cela va aller là avec cette pile ". Je me contente d’adorer la chanson. Je l’interprète parce que je la ressens et je l’adore et elle me fait bouger. Nous vivons dans un Monde dans lequel tout le monde veut être défini et diagnostiqué de sorte qu’il n’est pas facile de dire que la prochaine direction continuera TOUJOURS à être différente.
CF : Que pensez-vous de la musique country actuelle à Nashville ? Pensez-vous que la country a besoin d’une influence pop pour être populaire ?

W : Je suis une fille loyale. Je l’ai toujours été. Je suis à Nashville depuis 1979. J’ai été très sincère. Je soutiens énormément le talent local. Je suis une fonceuse, vous savez – Je m’exprime beaucoup concernant la communauté de Nashville. Malheureusement, mon moral est brisé parce que je me sens très blessée par certaines des choses qui m’arrivent actuellement. Je me suis trouvée un style particulier parmi les fans et parmi les critiques. Malheureusement, l’industrie, les radios ne passent pas mes chansons. Ils ne veulent pas savoir que j’existe.

Et cela me décourage vraiment parce que j’ai passé tellement de temps, avec ma mère, au début, littéralement la moitié de ma carrière, dans une voiture, pour me rendre dans des stations de radio et chanter en direct.

J’ai rencontré tous les DJ de chaque station de radio country. Il me semble que c’est ce que je fais tous les ans et j’ai été sincère. Malheureusement, d’autres ne l’ont pas été. Je n’ai jamais fait de publicité en dehors de la petite ville où je réside…J’ai téléphoné aux stations de radio passant de la musique " adulte contemporaine " et je suis allée les rencontrer et ils m’ont dit : " Vous savez quoi ? Nous n’avons jamais reçu votre disque ". Parce que Nashville, mes maisons de disques, ont empêché cela. Volontairement, parce qu’ils voulaient que je sois la grande star dans le petit monde de la country.

Je vais vous raconter une petite histoire. Il y a quelques années, j’ai fait une tournée avec le chanteur Michael Bolton. Pour la première fois, j’ai joué pour un public pop et l’expérience a été merveilleuse, électrique. J’ai reçu les meilleures critiques de ma vie venant des plus incisifs des critiques. Cela m’a regonflée juste ce qu’il fallait pour que je rentre chez moi et me dise " Tu sais quoi, je peux faire ça ". J’étais dans un monde totalement différent et par la grâce de Dieu, j’ai réussi ! Je suis montée sur scène et je leur ai tout donné et ils l’ont accepté. Ainsi, je sais que je peux y arriver parce que j’ai tenté le coup.

Alors, j’ai invité Michael Bolton à venir chanter avec moi lors de la cérémonie des CMA Awards et nous avons subi une montagne de critiques de la part de l’industrie de la musique country et de la part de fans de musique country traditionnelle irréductibles. Après coup, beaucoup de gens m’ont dit que c’était une avancée courageuse qui a contribué à attirer des millions de non-fans de country à regarder le show, parmi lesquels certains ont pu par la suite devenir des auditeurs de musique country. Après avoir fait tomber cette barrière, quelques années plus tard, Alabama s’est produit lors de la même cérémonie des Awards avec le groupe pop N-Sync, sans que cela déclenche de controverse.

Oh, c’est bon maintenant. Je me produis habillée avec un pantalon en cuir et des paillettes brillantes sur mes paupières et dans les journaux le jour suivant on peut lire " Wynonna a disjoncté, quelque chose ne va pas avec elle, il faut qu’elle revienne à la country ".
Eh bien, si vous regardez les Dixie Chicks, elles sont encore plus extravagantes. Je deviens presque hypersensible parce que je ressens un tel besoin d’être une pionnière pour les autres femmes. Je veux paver la route, mais pour être une pionnière, il faut parcourir des chemins non encore connus. C’est une route très solitaire. J’ai été seule à suivre mon propre chemin très souvent avec ma musique et on se sent parfois très solitaire. Je comprends que pour paver le chemin, il faut prendre des risques, ne pas avoir peur, de sorte que les femmes qui arriveront après moi auront plus de choix que moi.

Une partie de moi veut être aimée et acceptée par la communauté country. Mais, il y a autre chose qui a grandi en moi, et j’ai le sentiment d’avoir besoin d’être qui je suis. Je ressens véritablement ce que j’adore faire et c’est ce que je vais faire même si ce n’est pas commercial. J’ai fait la paix avec ce que je ne suis pas, et je ne suis pas le genre de fille chouchou des radios. Je pense que la musique country rencontre vraiment des problèmes actuellement. Je pense que nous sommes gourmands et qu’il y a trop de chanteurs mis sur le marché et il y en a beaucoup qui ne percent pas. Je ne suis pas du genre à me plaindre. Ce que je pense c’est que, OK le problème est celui-ci et qu’allons nous faire pour le résoudre ? J’aime participer à la solution et non pas faire partie du problème. Et je me suis jurée de ne pas devenir prévisible.

Ma mère me l’a dit l’autre jour, elle m’a dit " le son actuel est terne, sans relief ". Quand on écoute la musique country actuelle, est-ce qu’on sait qui chante ? Pour moi, ils se ressemblent tous.
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